ViolenceViolences?Hate crimes ⁄ Témoignages Imprimer
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Témoignages

Témoignage de Sophie, victime de sexisme :

« Je suis dans le bus et je vois en groupe de garçons qui se dirigent vers moi. Je vais directement à l’arrière du bus en pensant que je ne serais plus victime d’intimidation pour le reste du trajet. J’aurais sans doute mieux fait de rester au milieu du bus. Des garçons viennent se mettre près de moi et l’un d’eux commence à me parler : quel âge tu as ? Comment tu t’appelles ? Tu vas à quelle école, tu es en quelle année ?… Quand il remarque que je ne réagis pas, il vient s’asseoir près de moi. Je le nie et regarde simplement vers l’extérieur. Il commence à me toucher avec son pied. Je ne me sens vraiment pas à l’aise et me glisse vers la vitre mais je ne peux pas aller plus loin. Il met sa main sur ma jambe. Je lui dis d’arrêter et commence à crier. Lui et ses copains sont surpris de ma réaction assertive et descendent du bus au prochain arrêt tout en m’insultant de « salope ». Le chauffeur de bus s’arrête alors et me demande si tout va bien. Je n’ai pas déposé plainte mais la prochaine fois, je le ferai certainement. »

Témoignage de Hakan, victime de racisme :

« Je suis un garçon de vingt-deux ans et je suis né à Bruxelles. J’ai toujours étudié et travaillé et j’ai toujours été motivé à l’idée d’aider les autres. J’ai parfois eu des difficultés à me sentir chez moi au sein de deux cultures différentes, la culture turque et flamande. J’ai toujours fait de mon mieux pour être un exemple pour les autres. Toujours serviable et ouvert. Mais pourtant, beaucoup de personnes me regardent encore bizarrement si je marche en rue, quand je suis dans le train ou le bus,… et tout cela parce que je suis différent. Certains cafés ne me laissent pas rentrer parce que ma couleur de peau ne leur plait pas. J’entends souvent crier : « Hé oui, encore un sans papiers, un profiteur… retourne dans ton pays ! ». Ce genre d’agression me fait mal, je suis né ici, c’est mon pays. »

Témoignage de Bart, victime d’homophobie :

« Je m’appelle Bart et j’aime les garçons. Je suis donc homosexuel. En route pour une fête holebi, j’étais suivi par un groupe de garçons. Un d’entre eux m’a demandé si j’avais une cigarette pour lui. Je lui ai répondu que je ne fumais pas. Tout d’un coup, un autre garçon du groupe a commencé à m’insulter et à me taper sur la tête. Les autres ont commencé à s’y mettre aussi. Dans l’agitation, je suis tombé par dessus une poubelle et je me suis cassé la figure. Heureusement un ami à moi était en train de boire un verre avec ses copains sur une terrasse tout près. Il avait vu l’agression et il en avait directement averti la police. Les agents de police m’ont soutenu énormément et m’ont conseillé de ne pas laisser ça sans suite de porter plainte. C’est ce que j’ai fait et je me sens mieux parce que je ne me suis pas laissé faire. »

Témoignage de Julia, témoin de sexisme :

« Dimanche, en début de soirée, dans le métro bruxellois, sur la ligne Herrmann-Debroux-Baudouin, deux jeunes gars ont importuné ma maman. Brusquement, l’un des deux la gifla en plein visage. Depuis un petit moment, la main dans la poche, elle serrait son sifflet. Elle le sortit et siffla deux fois. Presque au même moment, quatre ou cinq hommes et des femmes se sont jetés sur les agresseurs et les ont poursuivis jusque sur le quai de la station Beekant. »

Témoignage de Kris, témoin de lesbophobie :

« Après le boulot, j’ai décidé d’aller vite faire mes courses au magasin du coin avant de rentrer à la maison. J’avance d’un pas rapide quand je vois un groupe de garçons insulter, cracher et arracher les cheveux de deux jeunes filles qui étaient en train de se tenir par la main. Je décide de réagir en leur demandant fermement de les laisser tranquille. Heureusement que la rue était bondée en cette heure de pointe et que d’autres témoins de l’agression m’ont soutenus dans ma démarche. Les garçons ont eu peur et se sont vite envolés en montant dans une voiture. Ne lâchant pas l’affaire si vite, j’ai pris note de leur plaque d’immatriculation et l’ai donnée aux victimes qui traumatisées n’avaient pas eu le temps de noter tous les détails de l’agression ».

Témoignage de Nathalie, témoin de racisme :

« Je suis propriétaire de ma maison et je loue le deuxième étage à une amie qui est camerounaise. Elle avait pris rendez-vous avec un employé pour installer un câble pour la télévision mais ne pouvait finalement être présente et c’est moi qui ai reçu cette personne. Dès son arrivée, il a commencé à faire des remarques déplaisantes sur l’aménagement de l’appartement, « ces gens-là » et leurs manières. La télévision était posée sur une table et il fallait la déplacer pour poser le câble. Il a refusé de le faire en traitant mon amie de fainéante, de profiteuse et me demandant si je n’avais pas trop de problèmes avec elle. J’avais été trop incrédule pour réagir à ses premières remarques, mais finalement, je lui ai demandé clairement s’il était raciste et j’ai ajouté que moi je ne l’étais pas et que je ne voulais pas entendre ce genre de remarques sur ma locataire. Il a baragouiné quelques excuses en niant le fait qu’il était raciste mais n’a plus rien ajouté. »

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